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Le Vicus



Dans le souvenir collectif, Rome a laissé la trace d’un peuple certes civilisé mais surtout conquérant.
Pour beaucoup, les Légions Romaines sont composées de soldats sanguinaires, assoiffés de richesses et de conquêtes. On ne peut nier ces désirs de conquêtes et richesses. Mais il faut aussi reconnaître que dès lors qu’elles sont installées, ces mêmes Légions qui hier combattaient, vont apporter la prospérité et la sécurité aux régions occupées. Souvenons-nous de la « Pax Romana », elle n’a pu s’établir et durer que parce que la présence de ces soldats et la politique de Rome à l’égard des peuples soumis à son autorité, n’ont pas été une contrainte de tous les instants. Cette « Paix Romaine » si bien acceptée par les peuples des Gaules, qui lui ont cédé leurs autonomies, a permis l’enrichissement de Rome bien sûr, mais aussi celle de la noblesse, des marchands et du peuple Gaulois.
Tant et si bien d’ailleurs, que certains serviront Rome au sein des armées, mais aussi dès l’époque de César, au sein du Sénat. Ayant acquis la citoyenneté romaine sous Auguste, ils deviendront, lors de pages sombres de l’histoire romaine, plus Romains que les Latins eux-mêmes.

L’occupation des terres par ces soldats romains, qui en s’installant dans la région conquise et souvent y établissant un Fort permanent, permettra cette romanisation. Ils vont alors commencer un travail « de romain », traçant routes, érigeant aqueducs, bâtissant ponts et, parfois amener à la fondation de villes, avec des thermes, des théâtres, des forums...
Rappelons-nous que les soldats romains sont célibataires, leur statut ne leur autorisant pas le mariage. Malgré cela, ils n’en restent pas moins hommes et ont souvent femmes et enfants qui les suivent au cours de leurs déplacements.
Ces familles sont accompagnées par des artisans et commerçants. Les soldats ayant de l’argent, il est évidemment nécessaire de leur procurer de quoi le dépenser. Il faut bien alors, que ces suiveurs aient logements et échoppes. Vont se former aux abords des installations militaires ce que nous appellerons des vici, bien souvent un simple village de toile, ensemble de canabae pouvant se démonter et suivre l’unité. Par contre, lors d’établissement de forts permanents, de campement de toile ces abris vont se développer et devenir des huttes puis des maisons générant des besoins, appelant habitants et fournisseurs qui les transformeront en vicus, voire en ville. Strasbourg, sur le limes rhénan est un des exemples que nous pourrions citer.
Ces installations permettront aussi à Rome d’établir ses soldats retraités, leur octroyant des terres en créant des colonies. La ville d’Orange en est une autre illustration.

Il était donc évident pour notre association, qu’au travers de la reconstitution du soldat de Rome, il devenait indispensable d’évoquer ce monde civil. Qui est tout aussi important pour mieux aborder et comprendre l’antiquité gallo-romaine.
Il n’est pas question d’être exhaustifs, ni nos connaissances ni nos vies n’y suffiraient, tant est riche cette période. Notre propos est plutôt de faire découvrir au travers de diverses présentations : les jeux et jouets, la petite enfance, la cuisine, la cosmétique, le vêtement et ses accessoires, le tissage et le travail de la laine, le travail du cuir, ce que pouvait être le quotidien de l’habitant en Gaule Romaine.

Lexique :
-  Vicus, Vici (pluriel) : Bourg, village, chemin bordé de maisons, rue, quartier d’une ville, ferme, propriété à la campagne
-  Canaba (ae) (peut s’écrire cannaba) : hutte, baraque, boutique, taverne, bouge.
-  Limes (ou limitis) : frontière fortifiée, lit d’un fleuve, chemin, route, borne, limite, sillon, trace, différence….

François Davant (Viaromana)
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